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Dons de sang: une situation «extrêmement inquiétante» 

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La collecte de sang a beaucoup diminué depuis le 16 mars, et ne reprend que difficilement alors que les besoins augmentent.

«Nous sommes aujourd’hui dans une situation extrêmement inquiétante», a alerté aujourd’hui François Toujas, président de l’Établissement français du sang (EFS) lors d’une conférence de presse. «Les réserves de produits sanguins n’ont jamais été aussi basses depuis 10 ans. Il nous faut les reconstituer, sauf à ne plus pouvoir prendre en charge correctement les malades.»

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Le stock de poches de sang disponible dépasse à peine les 82.000, là où il voisine habituellement les 100.000. «Le Covid-19 a profondément désorganisé la collecte de sang», explique François Toujas. En particulier, les collectes dans les établissements d’enseignement (9% des dons ordinairement) et dans les entreprises (12%) sont impactées à double titre, a indiqué le président de l’EFS: d’une part, les protocoles sanitaires ont rendu leur organisation plus complexe et les responsables des établissements plus frileux à les accueillir; d’autre part, étudiants et salariés sont moins nombreux, à la faveur du développement des cours en ligne et du télétravail. «Les décideurs économiques doivent faciliter le don du sang dans leurs structures!»

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Lorsque le confinement a été mis en place à la mi-mars, a détaillé Hervé Meinrad, directeur de la collecte à l’EFS, «on a perdu 50% de nos collectes en deux jours». L’autorisation des sorties pour donner son sang a mené à «un afflux fort» de donneurs pendant 3 à 4 semaines. Mais avec le déconfinement, a de nouveau été observée une chute importante des dons, que l’habituelle campagne de communication menée avant l’été n’a pas réussi à véritablement enrayer. Au total, après le 16 mars, l’EFS a ainsi collecté 80% de poches de sang en moins en entreprise et 98% en moins à l’Université par rapport à 2019. Or si les besoins ont diminué pendant le confinement, l’activité hospitalière hors Covid étant en berne, «aujourd’hui l’activité hospitalière reprend fortement, ce qui signifie une augmentation des demandes en produits sanguins dans les hôpitaux», s’est alarmé François Toujas.

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«C’est une situation inédite qui réinterroge notre capacité à déployer une nouvelle organisation pour la collecte», a concédé le président de l’EFS, précisant que les autres pays européens connaissent les mêmes difficultés. L’établissement s’attelle donc à réorganiser ses collectes, avec par exemple de nouveaux sites fixes, et la généralisation de la prise de rendez-vous en ligne pour donner son sang. «Le don du sang est extrêmement important pour une raison essentielle: dans l’immense majorité des cas, il n’y a pas de produit de substitution, or ce sont des produits à durée de vie limitée, a insisté François Toujas. Donner une heure de son temps pour donner du sang peut sauver deux ou trois vies.»

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