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Face au coronavirus, les Français se serrent les coudes 

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Cagnottes, applaudissements, services entre voisins… L’épidémie fulgurante de Covid-19 a déclenché une autre vague, celle de la solidarité.

Le petit mot d’Emma est apparu sur la porte de l’ascenseur, au lendemain de l’annonce de la mesure de confinement. La jeune fille du 2e étage, spontanément, se proposait pour faire les courses des occupants de cet immeuble du XIe arrondissement de Paris qui auraient besoin d’un coup de main. Elle porterait des gants et déposerait le panier sur le paillasson. Constance, étudiante en cinquième année de médecine, n’aurait pour rien au monde quitté le Samu 94 pour poursuivre son cursus en stage dans un autre service: elle a appris avec satisfaction qu’elle resterait au cœur de l’action tant que la situation demeurerait critique. Comme elle, de nombreux carabins partent au front vaillamment, pour apprendre, donner des soins «à l’indigent et à quiconque le leur demandera», comme le leur commande le serment qu’ils prêteront bientôt.

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L’épidémie fulgurante de Covid-19 a déclenché une autre vague, celle de la solidarité. Une solidarité d’un genre nouveau, qui s’exerce le plus souvent à distance de ceux qui en sont les bénéficiaires. Les premiers à recevoir des témoignages de gratitude sont les soignants. Qu’elles paraissent anciennes, absurdes, scandaleuses, ces images vieilles de seulement quelques mois, sur lesquelles on voit des professionnels de l’hôpital encadrés (de près) par les forces de l’ordre alors qu’ils défilent aux cris de «Y’a de la colère dans le cathéter». Non pas pour exiger d’être traités de «héros», mais pour mendier les moyens de travailler efficacement.

Aujourd’hui, enfin, on les comprend. Les citoyens se massent à 20 heures sur leur balcon pour les applaudir, de grands chefs qui ont dû fermer leurs établissements cuisinent pour eux des plats fins qu’ils n’auraient pas eu les moyens de déguster, les meilleurs chocolatiers leur offrent les œufs de Pâques qu’ils ne pourront pas vendre dans leurs boutiques closes, des anonymes leur cèdent leurs RTT, le président de la République leur promet un «plan massif d’investissement».

Applaudir le temps qu’il faudra

L’ampleur de la menace, la crainte de voir des proches touchés par le fléau, l’inquiétude pour les amis et les collègues de travail déjà infectés, laissent espérer que cette sentimentalité ne sera pas le jour férié du cynisme, pour paraphraser Oscar Wilde. Quelque chose a changé, ces derniers jours. La France entière, malade ou pas, est entrée à l’hôpital: elle y a vu le professionnalisme malgré le manque de masques, le dévouement en dépit de l’absence de tests généralisés, la course aux lits et aux respirateurs manquants. Il faudra continuer d’applaudir l’hôpital public le temps qu’il faudra, à s’en user les mains au besoin, quand la vague scélérate du coronavirus sera redescendue.

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Partout, les bonnes volontés se manifestent. Combien de divisions d’Emma, volontaires pour faire les commissions de personnes épuisées ou aller leur chercher des médicaments à la pharmacie? Le président des Restos du cœur se félicite : les bénévoles sont au rendez-vous, aucun ne déserte, ils bravent la contagion pour venir en aide aux plus démunis.

Les cagnottes Leetchi se multiplient: alors que les conséquences économiques sur les ménages français seront sans aucun doute considérables, les Français confinés donnent à ceux qui en ont besoin.

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