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l’inquiétante baisse des consultations médicales en ville 

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INFOGRAPHIE – Avec l’épidémie de Covid-19, trop de Français renoncent à consulter pour leurs autres problèmes de santé.

Les Français sont inquiets. Mais l’épidémie de Covid-19 prend tellement de place dans les esprits qu’elle semble avoir balayé toutes les autres préoccupations de santé sur son passage, à en croire le Baromètre carnet de santé*, réalisé par Odoxa pour la Mutuelle des hospitaliers, Le Figaro Santé et Franceinfo.

Jamais les Français n’ont été aussi peu malades (hors maladies chroniques), avec seulement 19 % des Français et 22 % des personnels hospitaliers déclarant un problème de santé, soit respectivement 7 et 9 points de moins qu’en décembre dernier, voire – 16 points par rapport à avril 2019 pour les hospitaliers! Mais ceci n’empêche pas les Français d’être, à cause de l’épidémie, très largement inquiets pour la santé de leurs proches (84 % des sondés sont «très inquiets» ou «plutôt inquiets») ou d’eux-mêmes (62 %), et plus encore pour la situation sanitaire du pays (90 %).

Et force est de constater que les malades ne se sont pas rués dans les cabinets médicaux: les consultations physiques avec un professionnel de santé accusent une baisse de 9 points par rapport à décembre dernier. Les chiffres évoqués mercredi devant la commission des affaires sociales du Sénat par Nicolas Revel, directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie, sont encore plus impressionnants: la médecine généraliste libérale a enregistré, sur les trois dernières semaines, une baisse de son activité de 40 %. Entre consultations non tenues et baisse des prescriptions médicales, la baisse d’activité enregistrée par l’Assurance maladie sur les soins de ville est évaluée à 350 millions d’euros par semaine, malgré la hausse importante des dépenses liés aux arrêts maladie.

Dans les 125.000 cabinets libéraux utilisateurs de ses services, la société Doctolib estime qu’entre janvier et avril, la baisse d’activité est même de 71 % chez les médecins spécialistes, et de plus de 95 % chez les dentistes, kinésithérapeutes et podologues dont beaucoup ont fermé leur cabinet. La téléconsultation a bien entendu fait un bond, aidée en cela par les assouplissements dans les règles d’accès et de remboursement décidées au début de l’épidémie. Fin mars, l’Assurance maladie indiquait qu’alors qu’elle ne comptabilisait que 10 000 téléconsultations par semaine jusqu’au début du mois, près de 490.000 avaient été facturées dans la dernière semaine de mars! De quoi compenser en partie la baisse d’activité enregistrée en cabinet: «Un médecin généraliste qui fait de la téléconsultation fait 46% de consultations en plus qu’un médecin généraliste qui n’en fait pas», explique-t-on chez Doctolib.

La crainte de déranger

L’entreprise a également interrogé 4000 patients utilisateurs pour mieux comprendre leur motivation à renoncer aux soins – un tiers (35 %) dit avoir renoncé au moins une fois à consulter un professionnel de santé depuis le début de l’épidémie. Les principales raisons évoquées sont la peur d’être contaminé (38 %) et la crainte de déranger le médecin en pleine épidémie (28 %). Par ailleurs, le tiers (32%) des patients qui ont continué à consulter y aurait renoncé faute de possibilité de consultation vidéo. Depuis janvier, «le nombre de rendez-vous médicaux pris sur Doctolib a baissé de 66%», précise la société.

Une situation évidemment très difficile financièrement pour les professionnels de santé. Des «concertations» sont en cours pour un «accompagnement financier» des libéraux touchés par cette baisse d’activité. Nicolas Revel espère pouvoir «déclencher très rapidement un premier acompte, si possible fin avril, sinon tout début mai». Mais autorités et médecins s’inquiètent aussi pour leurs malades. Diabétiques, cancéreux ou insuffisants cardiaques n’ont pas moins que les autres cessé de consulter, et l’Assurance maladie s’apprête à sensibiliser ses assurés particulièrement fragiles.

* Enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1003 personnes âgées de 18 ans et plus, et d’un échantillon de 2095 professionnels de santé hospitaliers.

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