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qui a été le plus touché pendant le confinement ? 

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INFOGRAPHIE – La proportion de Français touchés par le virus lors de la première vague est de 4,5%. Même dans les régions les plus touchées, on est très loin du seuil nécessaire pour que l’immunité de groupe puisse freiner l’épidémie.

Ce n’est une surprise pour personne, le Covid-19 a touché la France avec une intensité variable au printemps. Une étude très complète de l’Inserm mesurant la présence d’anticorps au Sars-CoV-2 dans la population permet d’en prendre la mesure et d’en tirer quelques enseignements.

En mai, les chercheurs ont testé plus de 12.400 personnes pour connaître leur séroprévalence, et en ont tiré la première carte détaillée et représentative de l’immunité collective sur le territoire. Avec 4,5% d’adultes présentant des anticorps, la moyenne nationale est «proche de celle observée dans les pays européens pour lesquels des données de même type sont disponibles», écrivent les auteurs de cette étude EpiCov présentée ce vendredi. Elle est aussi cohérente avec de précédentes estimations publiées en France.

À l’échelle régionale, les variations sont en phase avec les taux d’hospitalisations et décès qui furent observés pendant le confinement. L’Ile-de-France est ainsi celle qui compte la plus grande part de personnes anciennement contaminées (9,2%), loin devant Grand Est (6,7%) et la région PACA (5,2%).

Mais si l’on zoome davantage, c’est le Haut-Rhin, où se situe Mulhouse, qui compte la plus forte «immunité collective», à 10,8%. On se souvient que l’épidémie française avait flambé à la suite d’un vaste rassemblement évangélique, fin février à Mulhouse.

Les régions les plus épargnées sont la Bourgogne-Franche-Comté (1,5%), la Normandie (1,9%), la Nouvelle-Aquitaine (2%) et le Centre-Val-de-Loire (2,1%).

Recueillies en mai, ces données reflètent un équilibre qui continue «d’évoluer, vraisemblablement», commente Josiane Warszawski, épidémiologiste à l’Inserm et coauteur de ces travaux. «La séroprévalence va augmenter avec la deuxième vague qui s’annonce. Pour autant, le classement ne va peut-être pas changer tant que ça. On voit par exemple que la région parisienne est de nouveau très touchée.» À la fin de l’année, ces données seront mises en comparaison avec celles qui sont collectées en ce moment. «Cela va nous permettre de mieux comprendre comment se diffuse le virus».

Des facteurs de risque identifiés

Avec 4,5%, et même 10% dans les zones les plus affectées, l’immunité collective française reste très éloignée du niveau où elle pourrait protéger la population (estimée à 70%). Ce n’est d’ailleurs pas un objectif affiché des autorités sanitaires. «Le coût en termes de mortalité serait très élevé, rappelle Josiane Warszawski. L’idée, c’est plutôt de gagner du temps pour produire une immunité, par exemple par le biais de vaccins». À noter que la classe d’âge la plus contaminée au sortir du confinement est celle des 30-50 ans, même si les plus âgés ont davantage été hospitalisés ou en sont morts.

L’autre enseignement de cette étude sur la séroprévalence porte sur les facteurs de risque sociaux et environnementaux de contracter le virus. Les chercheurs en ont identifié plusieurs: vivre dans une commune densément peuplée, habiter un logement surpeuplé, avoir de faibles revenus, vivre avec au moins un enfant et être soignant. «Le problème, c’est qu’on observe un effet cumulatif des facteurs favorisants», comme être précaire, vivre dans un logement surpeuplé et dans une zone urbaine dense», note la sociologue Nathalie Bajos, coauteur de l’étude. Par ailleurs, ce sont aussi les couches de populations les plus défavorisées qui ont vu leur situation financière se dégrader le plus pendant le confinement.

Les collectes d’informations se poursuivent et devraient aider les chercheurs de l’Inserm à répondre à d’importantes questions, notamment sur la persistance des anticorps dans le sang des anciens malades.

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