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Un quart de noyades en moins en ce début d’été, probablement «grâce» à la crise sanitaire 

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La fermeture des piscines expliquerait en partie la baisse d’un quart des noyés arrivés aux urgences.

On observe un quart de passage aux urgences en moins pour noyades entre le 1er juin et le 14 juillet 2020, par rapport à l’année précédente (320 contre 437). Une baisse qui «concerne toutes les régions, sauf la Bourgogne-Franche-Comté, la Corse, la Nouvelle Aquitaine, les Pays de la Loire, l’Outre-mer et dans une moindre mesure, Provence-Alpes-Côte D’Azur», où il reste stable, selon «Le point épidémio» du 15 juillet publié par Santé publique France.

Ces statistiques rassemblent les données du réseau de surveillance Oscour, qui regroupe plus de 690 services d’urgences sur les 710 que compte la France. Une quasi-exhaustivité qu’il faut parfois pondérer car, contrairement à l’enquête triennale «Noyades» (la dernière date de 2018), ces données n’incluent ni les décès survenus sur site ni les victimes les plus graves directement admises en réanimation. «Dans les enquêtes Noyades, cela représente habituellement environ la moitié des noyades accidentelles», explique au Figaro l’épidémiologiste de Santé publique France, Aymeric Ung, responsable de l’enquête Noyade.

Restrictions de baignades

Pour expliquer cette baisse inattendue des passages aux urgences pour noyade du 1er juin au 14 juillet, la première hypothèse émise par Aymeric Ung et Nathalie Beltzer, auteur de ce «point épidémio» repose sur le contexte de l’épidémie de Covid. «Jusqu’au 22 juin, la fermeture des piscines publiques ou privées payantes (municipales, bases de loisirs, parcs d’attractions) et des piscines privées à usage collectif (hôtels, résidences de vacances, camping, clubs de vacances) et les conditions restrictives d’accès de certaines plages ont réduit les baignades et donc le risque de noyade», expliquent-ils.

Si le point épidémiologique ne fournit pas d’indications sur les circonstances de survenue, l’enquête Noyades 2018 révèle que 44% des noyades accidentelles ont lieu en mer, 31% en piscine tous types confondus, 22% en cours d’eau ou plan d’eau, 4% en d’autres lieux. Le classement est un peu différent si l’on considère les noyades fatales puisque 40% des décès ont lieu en mer, 40% en cours d’eau ou plan d’eau, 17% en piscine et 3% ailleurs.

Tous les âges sont concernés

Aymeric Ung avance une autre explication à la baisse observée en ce début d’été: «Il peut y avoir un lien avec les conditions climatiques, moins favorables cette année que les deux années précédentes.» La baisse de fréquentation touristique a pu aussi jouer un rôle. L’épidémiologiste invite toutefois à la prudence, car ce début d’été ne dit rien de la suite. «Les noyades restent un risque important et cela concerne tous les âges.» Près de la moitié des noyades de ce point épidémiologique concernent des enfants de moins de six ans, mais 20% des victimes avaient plus de 44 ans. D’ailleurs, l’enquête «Noyades 2018» montrait que les deux premières tranches d’âge en nombre de décès par noyade étaient les plus de 65 ans et les 45-64 ans.

«Les risques sont différents selon l’âge mais il n’est jamais trop tard pour apprendre à nager même s’il faut insister sur la surveillance permanente et rapprochée de l’enfant par un adulte», explique Aymeric Ung. «Les adultes, notamment, ne doivent pas surestimer leur force particulièrement dans les milieux naturels (respecter les interdictions de baignade et privilégier les zones aménagées et surveillées) et éviter l’alcool avant de se baigner ; enfin les malaises sont retrouvées dans une noyade sur deux après 65 ans.»

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